Pourquoi est-il plus difficile de tenir les deux que chacun séparément ?
Parce qu'ils ne s'additionnent pas. Pris séparément, s'entraîner régulièrement est un problème d'organisation ; manger correctement en est un autre, du même ordre. Menés ensemble, ils en créent un troisième, que personne n'avait prévu : celui de l'arbitrage permanent entre les deux.
Notre position : la difficulté n'est pas à l'intérieur de chaque domaine. Elle est dans le passage de l'un à l'autre — et c'est précisément là que les gens lâchent.
Qu'est-ce qui rend cette combinaison si coûteuse ?
Le fait que chaque décision d'un côté en rouvre une de l'autre. Décaler une séance au jeudi, ce n'est pas seulement décaler une séance : c'est rouvrir la question du dîner de mercredi, de ce qu'il aurait fallu acheter, et de ce que devient la séance du vendredi. Aucune de ces questions n'est difficile. C'est leur enchaînement qui l'est.
On croit alors manquer de volonté. Nous pensons qu'il manque surtout la place mentale pour reprendre un calcul déjà fait une fois.
Pourquoi un imprévu d'un côté abîme-t-il l'autre ?
Parce que les deux plans vivent dans des endroits différents et ne se préviennent pas. Le programme d'entraînement ignore le dîner au restaurant ; le menu de la semaine ignore que la séance a sauté. Chacun reste juste dans son coin, et faux ensemble.
La personne devient alors le seul endroit où les deux se rejoignent : la seule à savoir ce qui a réellement eu lieu, donc la seule à pouvoir refaire le calcul — le soir, de mémoire, au moment où il lui en reste le moins.
Pourquoi « commencer par un seul » ne règle-t-il rien ?
C'est le conseil qu'on entend le plus souvent : installez d'abord le sport, vous verrez l'alimentation ensuite. Il est raisonnable, et nous pensons qu'il bute sur une chose simple — le second chantier n'arrive jamais dans une journée vide. Il arrive dans une journée qui porte déjà le premier, et qui n'a pas gagné une minute entre-temps.
Séquencer ne réduit pas le nombre de décisions. Cela les décale, et cela ajoute une échéance : le jour où il faudra s'occuper du second.
Que faudrait-il pour que les deux tiennent ensemble ?
Qu'ils cessent d'être deux plans. Non pas plus de discipline sur chacun, mais un seul calcul qui les porte tous les deux : que ce que vous faites à l'entraînement soit déjà pris en compte dans ce que vous mangez, et qu'un changement d'un côté n'exige pas une décision de l'autre.
Ce qui reste à la personne, alors, n'est plus l'arbitrage. C'est l'exécution, et le fait de dire ce qui s'est réellement passé.
Comment Augmented Human s'y prend-il ?
Il n'y a pas, chez nous, un module sport et un module nutrition. Votre cible quotidienne — calories et protéines — est calculée à partir de vos données corporelles et du nombre de séances que vous faites dans la semaine, au moyen de l'équation de Mifflin-St Jeor, une formule publique d'estimation de la dépense énergétique, pondérée par votre volume d'entraînement. Cette cible est conservée plutôt que recalculée à chaque échange : elle ne bouge que lorsque ce que vous nous dites la déplace vraiment.
Vos repas sont ensuite composés contre cette cible, à partir de la table CIQUAL de l'ANSES — le référentiel public français de composition nutritionnelle des aliments — et de l'état déclaré de votre garde-manger. Changer votre volume d'entraînement change donc votre alimentation sans que vous ayez à refaire le calcul.
Le reste se passe sur Telegram, dans la messagerie que vous avez déjà : vous répondez comme à quelqu'un, et la suite se recalcule. Vous n'avez ni deux plans à tenir, ni un tableur pour les réconcilier.
Deux plans qui s'ignorent laissent toujours quelqu'un au milieu pour les raccorder. Nous préférons qu'il n'y ait qu'un calcul, et personne au milieu.